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Où sont donc passés la Loi de règlement et le Collectif budgétaire ? La série de questionnements suscités au sein des populations par le budget de l’Etat pour l’exercice 2012 fait toujours couler beaucoup d’encre et de salive. Les gros chiffres rendus publics par le gouvernement, dans le cadre de ce budget très bien garni de 1 483 milliards 495 millions de FCFA, donnent du vestige à la majorité des Maliens qui, pour la énième fois, se posent la question de savoir: à quoi va encore servir tout cet argent, alors que tout manque dans le pays ?

En effet, à qui peut bien profiter un budget qui ne prend pas en compte certaines aspirations de populations qui, depuis belle lurette, attendent l’amélioration de leurs conditions de vie ? Ces derniers temps, on dit que les budgets de l’Etat dégagent des excédents prévisionnels évalués à des milliards de FCFA qui, dit-on, sont affectés à l’approvisionnement des comptes à termes du Trésor public. Mais beaucoup de Maliens sont loin d’être assez naïfs pour croire à cet argument du gouvernement qu’ils qualifient de « bluff ». La  preuve : jusqu’à présent, aucune réponse exacte n’est donnée aux parlementaires qui s’évertuent à connaître la somme d’argent déjà versée au niveau de ces comptes à termes du Trésor  public. Ne dit-on pas que « quel qu’il soit, un mensonge finit toujours par être rattrapé par la vérité ?

En effet, en décembre dernier, lors de la présentation du Budget 2012, le ministre de l’Economie et des Finances, Lassine Bouaré avait du constater que des murmures ont fusé de tous les côtés de la salle de l’Assemblée nationale lorsqu’il avait évoqué la ferme volonté de l’Etat de porter, pour l’année 2012, une attention particulière sur les questions concernant l’accès de tous les Maliens aux soins de santé de qualité et à bon prix, à l’eau potable, à l’électricité… Le ministre a-t-il donc oublié que depuis longtemps, beaucoup de vaines promesses ont déjà été faites dans ce sens ? Qui veut donc tromper qui dans ce pays ? Toujours lors de lors de cette cérémonie au Parlement , Lassine Bouaré avait « embrouillé » l’assistance en se vantant qu’en 2012, le Mali va respecter (comme cela a été le cas pour 2011 et 2010) les quatre critères de convergence sous-régionale édictés par l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), à savoir le solde budgétaire de base supérieur à 0% du Produit intérieur brut (PIB) ; le taux d’inflation annuel inférieur à 3% ; l’encours de la dette publique inférieur à 70% du PIB et la non accumulation des arriérés extérieurs et intérieurs.

Mais le ministre fait-il semblant d’ignorer que derrière ces performances trompeuses et qui ne sont que « de la poudre aux yeux » se cache une atroce réalité : les Maliens vivent toujours dans la pauvreté avec moins d’un dollar par jour, soit moins de 550 FCFA ? N’est-ce pas plutôt  là où le bât blesse sérieusement ? Avec ses ministres « à l’essai » incapables d’apporter de véritables changements au profit du pays, le pouvoir d’ATT ne devrait-il pas plutôt cesser de jouer à l’hypocrite car les populations en ont marre des fausses promesses ? Que peut-on d’ailleurs nous dire du pouvoir d’achat des Maliens qui, depuis plusieurs années, est à son plus bas niveau, malgré les milliards de FCFA engrangés par le Mali ? Si le régime se paie le luxe d’offrir des mallettes d’argent à des bandits armés (comme l’ont dénoncé des leaders politiques), c’est qu’il y a beaucoup d’argent dans les caisses du Trésor. Si oui, pourquoi se complait-on donc  à ne pas le mettre à la disposition des populations qui végètent et pataugent dans la pauvreté et la misère ? Comme le disent vulgairement nos compatriotes, si cette croissance économique nationale, qui va osciller autour de 10% en 2012, n’apporte rien de spécial dans les ménages,  pourquoi devrait-on s’en vanter ? Ce qui est actuellement prioritaire pour les Maliens, c’est l’accès pour tous au bien-être dans le strict minimum.

Où est passé la loi de règlement et la commission budgétaire ?

En matière des finances, on devrait cesser d’enfreindre les normes déontologiques. Nombreux sont nos compatriotes qui, vraiment fatigués de constater les mêmes irrégularités, ne comprennent pas pourquoi dans notre pays, les choses ne se font pas selon les règles de l’art, comme dans les pays des autres ? En témoigne le manque, depuis longtemps, de lois de règlement lors de l’examen et de l’adoption des lois des budgets de l’Etat, alors que leur présence est très importante dans ce cadre. Les députés de l’opposition, qui l’ont toujours fustigé, sont restés sur leur soif. Mais comme réagirait « l’autre », « le chien aboie, la caravane passe ». Comme on le constate, le pouvoir d’ATT s’est toujours entêté à violer les lois et règlements en vigueur dans le pays.

Là où « la pierre achoppe », c’est également le fait que malgré les changements positifs qui interviennent pendant l’exécution du budget, aucun collectif budgétaire n’est envisagé. N’est-on donc pas en droit de croire « qu’il y a anguille sous roche » ? Face à ce manquement grave, le gouvernement aurait-il l’intention de cacher certaines vérités ? Avec la conjoncture, les choses peuvent évoluer vers la hausse. Comme pour dire qu’avec la flambée des prix, qui pourrait être observée, les prévisions des recettes contenues dans le budget 2012 devraient de facto être en augmentation. Mais comme toujours, rien ne sera entrepris pour réviser le budget. Qui tire alors profit de toutes ces jongleries ?  Et pourquoi les élus du peuple ferment-ils les yeux sur ces manquements anticonstitutionnels  qui ne contribuent qu’à protéger les détournements des deniers publics perpétrés par une poignée de dignitaires du pouvoir ?

Le ministre Lassine Bouaré peut-il soutenir que ces fautes, considérées comme très graves en matière de gestion des finances de l’Etat par les experts en finances, favoriseraient la bonne gouvernance et l’orthodoxie financière tant recommandées par les institutions financières internationales commela Banquemondiale et le Fonds monétaire international (FMI) au profit de notre pays? Même lorsque des voix s’élèvent pour condamner toutes ces fautes blâmables, le ministre Lassine Bouaré et ses prédécesseurs ont toujours trouvé des prétextes pour s’en défendre. Il est également important de signaler que la comptabilité de l’exécution du budget de l’Etat doit être enregistrée dans deux documents : le Compte administratif pour l’ordonnateur et le Compte de gestion pour le comptable. Ces documents devraient être conformes en écriture à la loi de règlement ; d’où l’importance de la mise à jour de cette loi de règlement qui pourrait favoriser des cas de tricherie éventuelle. D’après de nombreux observateurs de la vie économique du pays, on constate, sur une longue période, une mauvaise exécution du budget général de l’Etat, notamment dans son volet « Investissement ». Dans le cadre du contrôle de l’action gouvernementale, les recommandations dela Courdes comptes, les interpellations du gouvernement et les enquêtes parlementaires, rendues possibles par ces deux textes précités, se situent dans la logique du « médecin après la mort », se réduisant donc le plus souvent à des dénonciations spectaculaires du reste sans suite positive.

Jean Pierre James


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